Traité UE-Mercosur : une application avant le vote des eurodéputés possible
Une application provisoire de l'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur est « possible » légalement, avant même la ratification du Parlement européen, a indiqué Bruxelles lundi, mais la décision n'est pas tranchée à ce stade.
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« Le traité UE/Mercosur autorise cette possibilité » d'une application provisoire, a mentionné Olof Gill, un porte-parole de la Commission européenne. L'exécutif européen n'a toutefois pas voulu en dire davantage sur ce point et a plaidé pour un « grand soutien » des eurodéputés à cet accord commercial, lors d'un scrutin attendu en février, en mars ou en avril.
Avant ce vote du Parlement, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen va signer cet accord de libre-échange avec l'Amérique latine samedi à Asuncion au Paraguay. Vendredi dernier à Bruxelles, une majorité d'États européens a soutenu cet accord commercial. Comme la Hongrie, la Pologne, l'Irlande et l'Autriche, la France a voté contre.
Paris réclamait en outre un vote des Vingt-Sept pour garantir que ce traité ne soit pas appliqué provisoirement avant sa ratification au Parlement. Mais une déclaration sur le sujet a été retirée de l'ordre du jour, notamment à la demande de l'Allemagne, selon la France.
Dans l'espoir de relancer son industrie, Berlin défend ardemment ce traité de libre-échange avec l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay, négocié depuis 1999. Le chancelier allemand Friedrich Merz a salué un « signal fort » vendredi après le feu vert des États européens, mais « 25 ans de négociations, c'est beaucoup trop long - nous devons aller plus vite », a-t-il souligné.
Les partisans de cet accord le jugent essentiel pour stimuler les exportations, soutenir l'économie du continent et renforcer les liens diplomatiques avec l'Amérique latine, dans un contexte d'incertitude mondiale.
Mais pour ses détracteurs, ce traité va bousculer l'agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l'UE, faute de contrôles suffisants. Le mouvement de colère des agriculteurs se poursuit en France, avec une série d'actions de blocage, ciblant notamment des ports français lundi.
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